Décidemment, le cadre de dialogue inter-guinéen peine à prendre forme. La cristallisation de la crise sociopolitique caractérisée par des séries de manifestations à travers le pays, empêche pour le moment les efforts jusque-là consentis, à amener les acteurs sociopolitiques du pays à parler d’une même langue.
Soupçonnés à tort ou à raison de rouler pour le gouvernement, les chefs religieux n’arrivent toujours pas, en dépit des nombreux efforts fournis, à mobiliser les différentes forces motrices autour de la même cause.
En revanche, ils continuent d’essuyer des revers de la part des FVG qui les accusent de « partialité » dans leur démarche. Dans leur dernière déclaration, publiée dimanche, dans laquelle ils « invitent les FVG à sursoir à leurs manifestations et à rejoindre le cadre de dialogue », les prélats ont tout simplement été déboutés, leur appel n’ayant pas eu d’échos favorables. Les FVG ont ‘’bouté en touche’’ cet appel de nos chefs religieux qui semblent avoir perdu toute légitimité dans leur médiation.
Dans une déclaration qu’elle s’est fendu ce lundi pour répondre à celle des chefs religieux, les FVG expriment leur « étonnement » qu’« après 2 mois de concertations infructueuses » que les prélats les « invitent à rejoindre purement et simplement le cadre du dialogue ».
D’autant plus que pour elles, les concertations dont il est question « visaient à aplanir les divergences entre les autorités et les FVG. » Mieux, précisent-elles, ces concertations devaient aboutir à « l’ouverture d’un dialogue mettant en face les 2 parties sous la présidence e la CEDEAO en présence du G5 pour discuter des modalités du retour à l’ordre constitutionnel ».
Visiblement insatisfaites, les FVG ont exprimé leur volonté à poursuivre les manifestations qui, il faut le dire, ont déjà fait plusieurs victimes parmi les civils, afin d’amener la junte militaire à courber l’échine.
« Les FVG maintiennent leur programme de manifestations et appellent les guinéens à répondre massivement, dans l’ordre, la discipline et sans violence, à leurs mots d’ordre de marche pacifique des 17 et 18 mai 2023 », peut-on lire dans la déclaration.
Sidafa Keita pour kibanyiguinee.info