Élections communales : après les urnes, la bataille pour les mairies commence
Qui seront les futurs maires des communes de Guinée ? Si la question anime aujourd’hui les états-majors politiques, elle préoccupe davantage encore les candidats qui ambitionnent de diriger les municipalités du pays.
Le 31 mai dernier, les Guinéens de l’intérieur comme ceux de la diaspora ont été appelés aux urnes dans le cadre du double scrutin législatif et communal. Cette consultation électorale a permis de départager les différentes formations politiques et mouvements engagés dans la course aux sièges de députés et de conseillers communaux.
Selon les résultats provisoires publiés par la Direction générale des élections (DGE), le mouvement GMD-Génération pour la Modernité et la Démocratie et ses alliés ont obtenu les meilleurs résultats, laissant une part plus réduite aux autres formations politiques.
À l’issue de ce scrutin, les grandes tendances se dessinent déjà pour la future Assemblée nationale de la Ve République. Les électeurs ont choisi les 147 députés appelés à siéger au Parlement, sous réserve de la validation définitive des résultats par la Cour suprême.
Au niveau communal également, les résultats permettent d’identifier les conseillers élus dans les 342 communes du pays. Une inconnue demeure toutefois : l’identité des futurs maires.
Contrairement à l’élection des députés, qui sont directement choisis par les électeurs, celle des maires est indirecte. Les citoyens élisent les listes présentées par les partis et mouvements politiques, lesquelles permettent ensuite de constituer les conseils communaux. Ce sont ces conseillers qui élisent, en leur sein, le maire de la commune.
Être tête de liste ne garantit pas la mairie
Arriver en tête lors du scrutin communal ne signifie donc pas automatiquement accéder au fauteuil de maire. La Directrice générale des élections, Camara Djenabou Touré, a rappelé que la victoire électorale ne constitue qu’une première étape.
« Ce n’est pas parce que vous êtes tête de liste et que vous arrivez en tête que vous êtes de facto élu maire », a-t-elle prévenu.
À travers cette mise au point, la responsable de la DGE souligne que l’élection du maire dépendra d’un second vote organisé au sein des conseils communaux. Les conseillers élus devront en effet choisir celui ou celle qui dirigera la municipalité.
Dans ce contexte, rien n’exclut qu’une tête de liste victorieuse lors du scrutin populaire soit finalement battue lors de l’élection interne par un autre conseiller bénéficiant d’un soutien plus large.
Le jeu décisif des alliances
Si le verdict des urnes est désormais connu pour les députés et les conseillers communaux, la compétition reste ouverte dans les communes. Une nouvelle phase s’engage, où les rapports de force seront largement déterminés par les alliances entre élus.
Les négociations politiques s’annoncent donc décisives dans les prochains jours. Les formations qui réussiront à fédérer le plus grand nombre de conseillers autour de leurs candidats disposeront d’un avantage considérable dans la conquête des mairies.
La GMD, largement en tête selon les résultats provisoires, parviendra-t-elle à transformer son avance électorale en contrôle des exécutifs communaux ? La réponse dépendra autant du poids des élus que de la capacité des différentes forces politiques à nouer des alliances stratégiques.
Sam Keita